
Kaisery
Kaisery
Médersas seldjoukides, tombeaux royaux, bazar du pastırma et station de ski du mont Erciyes : Kayseri, l'autre visage de la Cappadoce.
Nichée à l'est de la Cappadoce, à l'ombre du mont Erciyes, Kayseri conjugue ferveur seldjoukide et énergie d'une métropole anatolienne. Cette ville de pierre volcanique sombre conserve mosquées, médersas et tombeaux séculaires, tout en s'imposant comme porte d'entrée vers la plus haute station de ski de Turquie. Vous y découvrez un patrimoine dense, une gastronomie réputée pour son pastırma, et une base idéale pour rayonner en Cappadoce.
Kayseri en bref
- Pays : Turquie (région de Cappadoce, Anatolie centrale)
- Altitude : 1 050 m, au pied du mont Erciyes (3 916 m)
- À voir : Çifte Medrese, mosquée Mahperi Hunat Hatun, Döner Kümbet, manoir Güpgüpoğlu, citadelle byzantine
- Spécialités : pastırma (viande séchée d'agneau), sucuk, mantı (raviolis turcs)
- Aéroport : Kayseri Erkilet (ASR), à 5 km du centre
- Meilleure période : mai-juin et septembre pour la ville, décembre-mars pour le ski
- Durée conseillée : 1 à 2 jours, ou base pour un séjour Cappadoce
Histoire
Des hommes vivaient déjà dans la région de Kayseri il y a 6 000 ans. À Kultepe, les archéologues ont mis au jour les traces d'une civilisation datant de 4 000 ans av. J.-C. Les commerçants assyriens arrivèrent dans l'ancien Kanesh en 1900 av. J.-C. Rattachée à l'empire hittite vers 1750 av. J.-C., la contrée fut nommée Mazaka par les Phrygiens, puis habitée par les Mèdes et les Perses.
Kayseri prospéra sous le nom Eusebeia dans le royaume indépendant de Cappadoce autour de 220 av. J.-C. À l'époque romaine, vers l'an 10 av. J.-C., la ville fut renommée Caesarea en hommage à l'empereur Auguste, et déclarée capitale de la province romaine de Cappadoce. Elle devint un foyer majeur du christianisme. Né en 329, Saint Basile le Grand y encouragea les chrétiens de Cappadoce à former de petites communautés agricoles, sur la base de la vie monastique.
Les assauts arabes aux VIIe et VIIIe siècles affaiblirent la ville. Peu après la bataille de Manzikert en 1071, la tribu turcique des Seldjoukides conquit Kayseri, qui connut alors son âge d'or architectural. Dominée par les Mongols à partir de 1243, la cité fut annexée par l'Empire ottoman en 1515 sous le règne du sultan Selim Ier.
Que voir à Kayseri
Kayseri est la destination idéale pour saisir toute la finesse de l'architecture seldjoukide. À l'ombre du mont Erciyes qui culmine à 3 916 m, les bâtiments anciens arborent leur façade en pierre volcanique sombre. Au centre, le Hisar (citadelle) érigé par l'empereur byzantin Justinien au VIe siècle témoigne des défenses exceptionnelles d'autrefois.
Médersas et mosquées : piliers du patrimoine
Au cœur de Kayseri, vous visitez la mosquée Mahperi Hunat Hatun bâtie au XIIIe siècle par l'impératrice Mahperi Hunat Hatun, épouse du sultan Alaettin Keykubat (1223-1237). Le domaine comprend la grande mosquée (cami), une médersa, un tombeau octogonal et un hammam encore en activité.
Édifié en 1206 par le sultan Giyaseddin Keyhüsrev Ier, le Çifte Medrese compte parmi les complexes les plus impressionnants de Turquie. Les écoles théologiques jumelles ont été conçues sur des bases techniques et écologiques avancées pour l'époque. Le centre médical disposait d'une salle d'opération chirurgicale. À l'aide de conduits sonores, la musique pouvait circuler dans les chambres des patients, tandis qu'un toit de gazon assurait l'isolation contre la pluie. Un jardin attenant abritait herbes médicinales et légumes cultivés par le personnel. Musulmans, chrétiens et juifs y recevaient indifféremment des soins. Aujourd'hui, le Çifte Medrese sert de musée d'histoire médicale.
Méritent aussi le détour : le Sahibiye Medresesi de 1267, reconverti en bazar de livres ; la mosquée Hacı Kılıç érigée en 1249 ; et l'Ulu Cami, mosquée de type pré-ottoman.
Le Döner Kümbet : le tombeau tournant
Avec sa forme cylindrique, le Döner Kümbet a hérité du surnom de tombeau tournant. Y repose la princesse impériale Şah Cihan Hatun. Des arabesques en haut relief recouvrent le mausolée, mêlant représentations d'animaux et motifs végétaux. À proximité, le Sırçalı Kümbet, plus sobre, complète la visite. À 5 km sur la route de Sivas, le Çifte Kümbet offre un parfait exemple des tombes royales seldjoukides.
Le manoir Güpgüpoğlu : le musée ethnographique
Pour mieux saisir la culture des peuples de la région, rendez-vous au manoir Güpgüpoğlu Konağı. Cet édifice du XVIIIe siècle a été réhabilité pour accueillir le musée ethnographique. Le selamlık, où les propriétaires recevaient leurs invités, est ouvert au public, tandis que le haremlik regroupait les quartiers privés de la famille. Non loin, l'ancienne résidence temporaire de Kemal Atatürk, fondateur de la Turquie moderne, a elle aussi été transformée en musée.
Le bazar couvert et la gastronomie locale
Le Kapalı Çarşı (bazar couvert) du XVe siècle reste le poumon commerçant de la ville. Vous y dénichez tapis kilim, cuivres ciselés et surtout le célèbre pastırma de Kayseri, viande de bœuf séchée enrobée d'épices, dont la recette remonte aux caravanes seldjoukides. Goûtez aussi au sucuk (saucisse épicée) et aux mantı, raviolis miniatures servis avec yaourt à l'ail.
Le mont Erciyes : ski et randonnée
Volcan endormi qui domine la plaine, le mont Erciyes abrite la plus grande station de ski de Turquie. À 25 km du centre-ville, Erciyes Ski Resort aligne plus de 100 km de pistes entre 2 200 et 3 400 m d'altitude, ouvertes de décembre à avril. L'été, le massif se prête à la randonnée et au VTT, avec des sentiers panoramiques sur la Cappadoce. C'est un atout majeur de Kayseri, encore peu connu des voyageurs francophones.
Climat et meilleure période
Kayseri jouit d'un climat continental, marqué par des étés chauds et secs (jusqu'à 31 °C) et des hivers froids et neigeux (jusqu'à -6 °C). Pour la visite culturelle, privilégiez mai-juin ou septembre : températures douces, lumière idéale sur la pierre volcanique. Pour le ski, visez janvier à mars. Juillet-août restent agréables grâce à l'altitude, mais la ville se vide partiellement.
Comment s'y rendre
En avion : l'aéroport Kayseri Erkilet (ASR), à 5 km du centre, accueille des vols quotidiens depuis Istanbul (Turkish Airlines, Pegasus), ainsi que depuis Izmir et Antalya. Quelques liaisons internationales existent vers Düsseldorf, Vienne et Stuttgart.
En train : des trains relient quotidiennement Ankara à Kayseri en environ 7 h.
En voiture : la ville se trouve à 320 km d'Ankara (4 h), 770 km d'Istanbul et 5 h de route de Konya. Le réseau est confortable, avec des axes 2x2 voies.
Sur place : le tramway traverse la cité d'est en ouest sur 17 km. Le bus est le mode de transport le plus utilisé. Pour les courtes distances, optez pour les dolmuş (minibus partagés). Les taxis circulent partout.
Où dormir à Kayseri
Trois grandes typologies d'hébergement structurent l'offre locale.
- Pensions et guesthouses (15-30 €/nuit) : tenues en famille dans les quartiers anciens autour du Hisar, idéales pour les voyageurs au budget serré.
- Hôtels boutique (60-120 €/nuit) : souvent installés dans des demeures restaurées en pierre volcanique, avec hammam et terrasse vue Erciyes.
- Lodges et resorts haut de gamme (150 €+) : concentrés au pied de l'Erciyes pour les skieurs, ou dans des konak ottomans réhabilités pour une expérience patrimoniale.
Réservez tôt en haute saison de ski (février-mars) et lors des fêtes religieuses turques.
Conseils d'initié
- Goûter le pastırma chez un boucher du bazar, pas en supermarché : la qualité change tout. Demandez la coupe « kuşgömü », la plus tendre.
- Visiter le Çifte Medrese tôt le matin pour profiter de l'acoustique des conduits sonores sans la foule scolaire.
- Combiner Kayseri et Cappadoce : louez une voiture à l'aéroport, Göreme est à 1 h 15.
- En hiver, prévoyez vêtements techniques : la température peut chuter à -15 °C la nuit.
- Cartes bancaires acceptées partout en ville, mais gardez du liquide pour les dolmuş et les petits commerces du bazar.
Kayseri, pour qui ?
- Les passionnés d'histoire et d'architecture : médersas seldjoukides, tombeaux royaux et mosquées pré-ottomanes.
- Les skieurs et amateurs de montagne : le mont Erciyes offre la meilleure neige de Turquie.
- Les voyageurs en transit Cappadoce : étape culturelle authentique à 1 h de Göreme.
- Les gourmets curieux : pastırma, sucuk et mantı font partie des incontournables de la cuisine anatolienne.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Une journée pleine suffit pour les principaux sites du centre (Çifte Medrese, mosquée Mahperi Hunat Hatun, Döner Kümbet, manoir Güpgüpoğlu, bazar). Comptez 2 jours si vous ajoutez le mont Erciyes ou une excursion vers Sivas.
Oui, Kayseri est la principale ville de la Cappadoce historique, à environ 75 km de Göreme. Son aéroport est l'une des deux portes d'entrée de la région avec Nevşehir.
Oui. La station Erciyes Ski Resort, à 25 km de Kayseri, propose plus de 100 km de pistes entre 2 200 et 3 400 m, ouvertes de décembre à avril. C'est la plus grande infrastructure de ski de Turquie.
Le pastırma, viande de bœuf séchée enrobée d'épices (çemen), est la signature de la ville. Les mantı de Kayseri, raviolis miniatures servis avec yaourt à l'ail, sont aussi célèbres dans toute la Turquie.
Pas de vol direct au départ de France. Vous transitez généralement par Istanbul avec Turkish Airlines ou Pegasus, pour une correspondance d'environ 1 h 15 vers l'aéroport Kayseri Erkilet (ASR).
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