
Aksaray
Aksaray
Porte ouest de la Cappadoce, Aksaray ouvre l'accès à la vallée d'Ihlara, au caravansérail Sultanhan et au Mont Hasan. Notre guide complet de la ville-étape.
Aksaray se love à l'ombre du Mont Hasan en Cappadoce. Ancienne étape de la Route de la Soie, la ville sert aujourd'hui de porte d'entrée à la vallée d'Ihlara et à ses monuments troglodytes. Son centre conserve mosquées seldjoukides, médersas et un musée riche en vestiges néolithiques.
Aksaray en bref
| Pays | Turquie (Anatolie centrale) |
| Région | Cappadoce, à l'ouest |
| Altitude | 971 m |
| Climat | Steppique (BSk Köppen), 363 mm/an, 12,7 °C de moyenne |
| Meilleure période | Mai à octobre |
| Durée conseillée | 1 à 2 jours |
| À ne pas manquer | Vallée d'Ihlara, Sultanhan, Tour penchée |
| Aéroport proche | Nevşehir (NAV) à 80 km, Kayseri (ASR) à 170 km |
Histoire d'Aksaray, jalon de la Route de la Soie
Étape majeure sur l'ancienne Route de la Soie en Anatolie, Aksaray possède une longue histoire. Au début appelée Garsaura, la ville fut baptisée Archelaïs par Archélaos de Cappadoce (36 av. J.-C. à 17 ap. J.-C). Durant la période romaine, elle porta le nom de Colonia et forma un évêché. Euphrasius compta parmi ses évêques les plus influents. Il participa au premier concile de Nicée en 325. Il y avait également le Bosphore qui assista au premier concile de Constantinople en 381, Daniel qui fut présent au concile d'Éphèse en 431, Aristomachus au Conseil de Chalcédoine en 451, Alexandre au Concile de Constantinople en 536, ainsi que Conon au Conseil de Trullan en 692.
La ville continua de prospérer à l'époque ottomane. Sa proximité avec le lac Tuz (Tuz Gölü), la principale source de sel en Anatolie, contribua grandement à son essor économique. En 1071, les Turcs Seldjoukides prirent le contrôle de la région à l'issue de la bataille de Manzikert. Ils y fondèrent un sultanat et construisirent plusieurs repères à l'intérieur et autour de la cité. Lors de son voyage en Anatolie au XIVe siècle, l'explorateur berbère Ibn Battuta fut stupéfait par la communauté de commerçants musulmans qui fréquentait Aksaray et décrit son centre urbain comme « une belle ville encadrée de jardins et de cours d'eau, dont les maisons étaient en phase d'approvisionnement en eau ».
L'Empire ottoman annexa la région en 1470 sous le commandement du Grand vizir Ishak Pacha, après une longue bataille contre les Karamanides. Une grande partie de la population fut, à cette époque, transférée à Constantinople, qui venait également d'être prise par les Ottomans. Les immigrés furent installés dans une partie de la ville qui reçut quelque temps après le nom d'Aksaray.
Que voir à Aksaray et ses environs
Située à l'extrémité ouest de la Cappadoce, Aksaray est un centre de transit. Le centre-ville fourmille toujours de monde et sur la route principale, il n'est pas rare de voir des charrettes et des chevaux bloquer la circulation. Aksaray est surtout connue comme la porte d'entrée de la vallée d'Ihlara, mais quelques attractions méritent un arrêt avant la randonnée.
Les sites chargés d'histoire en centre-ville
La ville offre une vitrine des styles d'architecture seldjoukide et beylik (post-seldjoukide). Parmi les attractions populaires, la grande mosquée Ulu Cami, érigée en 1408, ouvre la visite. Le Musée d'Aksaray présente ensuite des vestiges du Néolithique, du Chalcolithique et de la période assyrienne, complétés par une exposition ethnographique et une collection de monnaies anciennes. Le musée occupe une partie du Zinciriye Medresesi, séminaire à chaînes fondé en 1336.
Le Kizil Minare Cami, fondée en 1236, se démarque par son Eğri Minare rouge et incliné, surnommé la « Tour penchée d'Aksaray » en référence à la Tour de Pise.
Les caravansérails seldjoukides
En tant qu'ancienne gare sur la Route de la Soie, Aksaray abrite des caravansérails seldjoukides impressionnants. L'Ağzıkarahan se trouve à 10 km à l'est de la ville. Le gigantesque Sultanhan, à un peu plus de 40 km à l'ouest, est considéré comme le plus vaste caravansérail seldjoukide d'Anatolie. Ses cours, son oratoire central et ses portails sculptés témoignent de la puissance commerciale de la région au XIIIe siècle.
La vallée d'Ihlara, joyau troglodyte
La nature, l'histoire, la culture et l'art se côtoient dans la Vallée d'Ihlara. Sa végétation luxuriante et ses églises troglodytes en font un site rare. Elle forme aussi la deuxième plus grande vallée de canyons de la planète. Chapelles et monastères creusés dans les parois rocheuses sont remarquablement préservés. La vallée figure sur la liste indicative du Patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2013.
Le sentier classique relie Ihlara village à Selime sur 14 km, le long de la rivière Melendiz. Une portion plus courte de 4 km, entre Ihlara et Belisırma, suffit pour découvrir les principales fresques byzantines (Ağaçaltı Kilisesi, Yılanlı Kilise). Au bout du canyon, le monastère rupestre de Selime se visite à part : ses salles taillées dans la roche évoquent les paysages de la Cappadoce orientale.
Le Mont Hasan et le lac Tuz
Le Mont Hasan (Hasan Dağı), volcan endormi de 3 268 m, domine la plaine. Son ascension se fait en une journée depuis Helvadere, entre juin et septembre. Plus au nord, le lac salé Tuz Gölü couvre 1 500 km² en saison humide et se transforme en miroir blanc l'été, fournissant encore aujourd'hui une grande partie du sel de Turquie.
Quand partir à Aksaray
Aksaray se situe à 971 m d'altitude et profite d'un climat de steppe (BSk selon Köppen-Geiger). La ville reçoit en moyenne 363 mm de précipitations par an pour une température moyenne de 12,7 °C.
- Mai-juin : la meilleure fenêtre. Vallée d'Ihlara verdoyante, températures douces (15-25 °C), affluence modérée.
- Juillet-août : chaud et sec (jusqu'à 32 °C). Idéal pour l'ascension du Mont Hasan, mais randonnée à prévoir tôt le matin.
- Septembre-octobre : couleurs d'automne dans le canyon, lumière dorée sur les caravansérails. Très belle saison photographique.
- Novembre-mars : froid sec, neige possible, plusieurs sites ralentis. À réserver aux voyageurs en quête de paysages enneigés.
Comment se rendre à Aksaray
En avion
L'aéroport le plus proche est Nevşehir Kapadokya (NAV), à environ 80 km, desservi depuis Istanbul (1h15 de vol). Kayseri Erkilet (ASR), à 170 km, propose davantage de fréquences. Une navette ou un transfert privé rejoint Aksaray en 1h30 à 2h.
En bus
Aksaray est reliée aux villes principales de Turquie par autocar. Comptez 4h depuis Ankara, 2h30 depuis Konya et 1h15 depuis Nevşehir. La gare routière (otogar) se trouve à 5 km du centre, reliée par servis (navettes gratuites).
En voiture
Située au carrefour des autoroutes est-ouest et nord-sud, la ville est facile d'accès. L'Orhan Ağaçlı Tesisleri est le principal lieu de repos des voyageurs : stations-service, garages, boutiques. La voiture reste la formule la plus pratique pour rayonner vers Sultanhan, Ihlara et le lac Tuz.
Se déplacer sur place
Aksaray se découvre à pied, particulièrement au niveau du centre-ville et du parc Kültür. La cité dispose d'un vaste réseau de bus urbains et de nombreux taxis. Pour la vallée d'Ihlara et les caravansérails, un dolmuş (minibus partagé) ou un taxi à la journée s'imposent.
Où dormir à Aksaray
L'offre hôtelière reste modeste mais correcte, calée sur la fonction d'étape de la ville. Trois profils se dégagent :
- Pensions et guesthouses (15-30 € la nuit) : familiales, souvent tenues par des hôtes parlant un peu d'anglais, petit-déjeuner turc inclus. Concentrées autour du centre et près de la gare routière.
- Hôtels milieu de gamme et boutique-hôtels (60-120 €) : confort moderne, restaurant sur place, parfois piscine. Pratiques pour une halte sur la route Konya-Cappadoce.
- Hébergements troglodytes côté Ihlara/Selime (à partir de 80 €) : maisons creusées dans la roche, plus authentiques pour vivre l'esprit cappadocien que les hôtels du centre d'Aksaray.
Pour une expérience plus immersive, beaucoup de voyageurs préfèrent dormir à Güzelyurt ou Ihlara village, à moins d'une heure de route, et garder Aksaray pour les visites diurnes.
Conseils de notre expert local
- Faites Ihlara à l'envers. Démarrez la randonnée à Selime tôt le matin et rejoignez Belisırma pour déjeuner sur les terrasses au bord de la rivière. Vous croiserez les groupes en sens inverse, jamais sur les meilleurs points de vue.
- Sultanhan vaut le détour à l'aube. Ouvert dès 7h en haute saison, le caravansérail est désert pendant la première heure : la lumière rasante sur le portail sculpté est superbe.
- Le déjeuner à Aksaray se prend dans les lokantas autour de l'Ulu Cami : essayez le tandır kebabı, spécialité d'agneau cuit en four de terre.
- Pour le lac Tuz, l'accès le plus photogénique est côté Şereflikoçhisar (50 km au nord), surtout en fin d'après-midi quand le sel renvoie un rose pâle.
- Comptez large. Une journée pour la ville et Sultanhan, une autre pour Ihlara et Selime : faire les deux en 24h gâche les deux.
Aksaray, c'est pour qui ?
- Amateurs d'histoire et d'archéologie : couches romaine, byzantine, seldjoukide et ottomane se superposent sur quelques kilomètres carrés.
- Randonneurs : la vallée d'Ihlara offre l'un des plus beaux parcours de canyon de Turquie, accessible à tous niveaux.
- Voyageurs en road-trip : étape logique entre Konya, Cappadoce et lac Tuz, avec parking facile et essence partout.
- Photographes : tour penchée, fresques d'Ihlara, monastère de Selime, lac salé : matière dense en peu de kilomètres.
À éviter si vous cherchez la vie nocturne, les plages ou un séjour balnéaire : Aksaray reste une ville de transit et de patrimoine.
FAQ Aksaray
Questions fréquentes
Une à deux journées suffisent. Une journée pour le centre historique et Sultanhan, une seconde pour la randonnée dans la vallée d'Ihlara jusqu'à Selime.
Oui, elle marque l'extrémité ouest de la région cappadocienne. Elle est moins fréquentée que Göreme ou Ürgüp, mais donne accès aux sites troglodytes d'Ihlara et de Selime, parmi les plus anciens.
De mai à début octobre. Le printemps offre la végétation la plus dense, l'automne des couleurs spectaculaires. L'été reste praticable si vous partez avant 9h.
Des dolmuş partent régulièrement de l'otogar d'Aksaray vers Sultanhanı (40 km, 45 min). Comptez aussi un taxi aller-retour avec attente sur place.
Non, le sentier principal est balisé. Un guide reste utile pour décrypter les fresques byzantines des églises rupestres et accéder à des chapelles peu visitées.
À découvrir aussi
- Cappadoce : la région complète, ses cheminées de fées, Göreme, les vols en montgolfière.
- Vallée d'Ihlara : le grand canyon troglodyte, accessible depuis Aksaray en 40 minutes.
Pour bâtir un itinéraire incluant Aksaray, Ihlara et la Cappadoce centrale, notre expert local de l'agence peut vous guider sur les étapes, hébergements et transferts adaptés à votre rythme.
Attractions à Aksaray

Village de Belisirma
Au fond de la vallée d'Ihlara, Belisirma associe maisons troglodytes, églises rupestres aux fresques byzantines et restaurants installés sur la rivière Melendiz.

Caravansérail de Sultanhani (Sultanhanı Kervansarayı)
À 45 km d'Aksaray, le caravansérail de Sultanhani est l'un des plus grands et mieux conservés de la route de la Soie anatolienne. Portail sculpté, salle à coupole et cour à portiques témoignent du génie seldjoukide du XIII<sup>e</sup> siècle.

Vallée d'Ihlara
Canyon de 10 km creusé par la Melendiz dans le sud de la Cappadoce, la vallée d'Ihlara abrite une centaine d'églises rupestres byzantines et trois sentiers de randonnée.
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